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Utopia, le familistère, les cités-jardins, Dubaï…Que reste t’il des villes utopiques ?

Par Julien Duriez – Article original publié sur La Croix

 

Certains de ces précurseurs sont restés des « architectes de papier », se limitant à la théorie, comme Thomas More ou le philosophe socialiste Charles Fourrier. D’autres, comme Niemeyer ou Le Corbusier, ont construit des villes de plusieurs centaines de milliers d’habitants.

 

Leurs projets, à dimension universaliste, sont toujours le reflet des préoccupations de leur temps – réflexion politique dès l’antiquité, égalité et socialisme au XIXe siècle, écologie aujourd’hui.

 
 
 

AMAUROTE, LA VILLE IMAGINAIRE D’UTOPIA, PAR THOMAS MORE

 

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Le concept de ville idéale apparaît dès l’antiquité. La réflexion de Platon dans La République se situe dans une « cité » modèle.

 

Au XVIe siècle, Thomas More décrit Amaurote, la capitale d’un pays idéal : Utopia. « Le tracé d’une cité utopique est basé sur un idéal social », estime Martine Bouchier, professeur d’esthétique et chercheur au laboratoire Architecture ville urbanisme environnement (Lavue).

 

Traversée par un fleuve, la ville imaginaire de Thomas More est située sur une île. Plantées d’arbres, les rues y mesurent 6,5 mètres de large, ses habitants travaillent tous 6 heures par jour et s’adonnent à des occupations culturelles ayant pour but d’élever leur esprit pendant leurs temps libres.

 

Chez le philosophe anglais, qui écrit Utopia autant pour rêver à un futur idéal que pour critiquer son époque, la conception d’une cité utopique est liée à un idéal d’égalité.

 
 
 

CHARLES FOURRIER INFLUENCE LA CONSTRUCTION DU FAMILISTÈRE DE GODIN

 

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Au XIXe, les modèles de villes idéales sont notamment influencés par la pensée socialiste utopique et les saint-simoniens. Entre autres projets, le philosophe Charles Fourrier imagine une « société harmonique », composée de trois millions de Phalanstères.

 

Ces bâtiments, combinant habitat et loisir, doivent loger 400 familles au milieu d’un domaine de 400 hectares. L’industriel Jean-Baptiste André Godin s’en inspirera pour construire dans l’Aisne le familistère de Guise entre 1858 et 1883.

 
 
 

LETCHWORTH, UN EXEMPLE DES « CITÉS-JARDINS » DU XIXE SIÈCLE

 

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La réflexion menée par les architectes de la fin du XIXe siècle débouche sur l’apparition de la notion d’urbanisme. Alors que la seconde révolution industrielle bat son plein en Angleterre, certains prônent un retour à la nature. « Il faut alors remettre la campagne en ville », résume Martine Bouchier.

 

L’urbaniste anglais Ebenezer Howard définit ainsi le concept de « cités-jardin », des villes de taille moyenne, composées de lotissements à faible densité et entourées de maraîchages censés subvenir aux besoins des urbains. Letchworth, au nord de Londres, sera construite dans les années 1900 sur ce modèle, qui influencera la construction de nombreuses autres villes de l’époque.

 

Aujourd’hui, la nature en ville apparaît comme moins maîtrisée. « On assiste au retour du sauvage », analyse Martine Bouchier, qui prône, après le retour des plantes dans les villes contemporaines, celui des animaux, chevaux, oiseaux et même les « nuisibles ».

 
 
 

CHANDIGARH ET BRASILIA, DEUX VILLES DE POUVOIR

 

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À la suite de la partition entre l’Inde et le Pakistan en 1947, l’État indien du Pendjab doit se trouver une nouvelle capitale. Conçue ex nihilo par plusieurs architectes, dont Le Corbusier, la ville de Chandigarh est divisée en soixante secteurs. Un système de circulation sophistiqué, hiérarchisant sept niveaux de routes dans la ville, est élaboré.

 

Les bâtiments conçus par l’architecte franco-suisse sont aujourd’hui peu entretenus. Mais Chandigarh reste une des rares villes indiennes où il est encore facile de circuler.

 

Le même Le Corbusier participe également à la conception de Brasilia, dirigée par les architectes Oscar Niemeyer et Lucio Costa. Comme pour Chandigarh, il s’agit de faire sortir de terre une capitale administrative en décentralisant le pouvoir. « Nous sommes bien avec ces deux villes dans un projet d’utopie. On peut lire la pensée moderne de leurs concepteurs dans les plans de la ville », estime Martine Bouchier.

 

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La nouvelle capitale brésilienne, siège de toutes les institutions du pays, est inaugurée en 1960. Conçue pour accueillir 500000 habitants, la ville nouvelle, sortie de terre en 1000 jours, en compte aujourd’hui plus de 2,5 millions.

 
 

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