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Les pires projets architecturaux que Paris a évité

Publié sur Pariszigzag


 
Halles-2Des gratte-ciels dans Paris?
L’idée en crisperait plus d’un. Ce débat n’est pourtant pas nouveau et suscite toujours les mêmes passions.

 

Depuis le début du siècle dernier plusieurs projets d’aménagements urbains incluant immeubles de grande hauteur ont manqué voir le jour dans notre capitale. Certains ont d’ailleurs abouti et sont encore aujourd’hui l’objet de controverses, à l’image de la Tour Montparnasse, ou bien ont su mieux s’intégrer dans le paysage, à l’instar de l’hôtel Hyatt Regency porte Maillot.

 
Destruction de l’unité urbaine propre à l’identité de Paris pour les uns, ou promesse d’un nouveau souffle de modernité pour les autres, la question se porte finalement plus sur le rapport à la ville que sur de simples critères esthétiques. La construction de nouvelles tours dans l’intra-muros reste l’un des axes de cette campagne municipale.
 
Regardons en détail ces projets d’autrefois, qui nous paraîtraient aujourd’hui impensables, et qui pourtant ont bien failler changer le visage de la Ville Lumière.

 

Plan voisin

 
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Pendant l’entre-deux guerres, une partie des quartiers centraux de la rive-droite réputés pauvres et quasi-insalubres suscitent l’intérêt des urbanistes. L’un d’entre eux, Charles-Édouard Jeanneret-Gris, plus connu sous le pseudonyme de « Le Corbusier » envisage une solution baptisée « Plan Voisin ». Il propose la construction d’une série d’immeubles cruciformes alignés de façon orthogonale sur une part importante de la rive droite, allant de l’est du Marais jusqu’au pied de la butte Montmartre. Le plan comprend également la construction de deux nouvelles artères de circulation sur les axes est-ouest et nord-sud, reliant Paris aux autres villes françaises et européennes. Ce “plan Voisin” se voulait centre moderne de commandement de la capitale, comptant alors 3 millions d’habitants. Le déclenchement de la seconde guerre mondiale mit un terme définitif à ce projet.

 

Les Maisons Tours d’Auguste Perret

 
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En 1922, l’architecte Auguste Perret imagina ceinturer Paris de nouveaux gratte-ciels de 200m de haut environ sur l’emplacement de l’enceinte de Thiers (où se trouve l’actuel périphérique). Un ensemble de 250 tours, reliées entre elles par des ponts qui auraient comporté appartements, bureaux et commerces.

 

Projet d’aménagement de la Porte Maillot

 
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En 1931 les autorités cherchèrent à aménager la voie triomphale entre la place de l’Étoile et ce qui n’est pas encore la Défense. Le projet d’aménagement de la Porte Maillot, rebaptisée Place de la Victoire, fut conçu par le Service de l’Extension de Paris. Un concours privé fut lancé auprès de 12 architectes auquel participa notamment Henri Sauvage qui proposa ceux deux immeubles d’habitation pyramidaux.

 

Transformation de la Gare d’Orsay

 

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En 1958, la gare d’Orsay voit son trafic ferroviaire disparaître totalement. Que faire alors du bâtiment ? Considérée par ses détracteurs comme une verrue au centre de Paris, la gare est à l’abandon au début des années 60. Une longue bataille s’ouvre alors sur sa réaffectation et en 1961, la SNCF lance un concours en vue de construire un hôtel de luxe avec galerie commerciale. Le Corbusier, encore lui, propose l’un de ces bâtiments dont il a le secret, sorte de tour-écran au gout bien discutable. En 1973 la gare est finalement classée monument historique. La décision officielle de construction du musée d’Orsay fut prise en 1977, à l’initiative du Président Valéry Giscard d’Estaing.

 

Projet de Tour Polak

 
Tour-Polak

 
En 1962, un étrange projet de tour de transmission télé voit le jour. À l’emplacement de l’actuelle Arche de la Défense, une structure, fuseau de tôle d’acier reposant sur 3 pieds, baptisée Tour Polak, devait culminer à 750m de haut et émettre dans un rayon de 250km autour de Paris. Le projet fut abandonné pour des raisons financières et à cause de l’arrivée des satellites de communication, qui rendirent la Tour Polak obsolète.

 

Réaménagement des Halles et Tour du ministère de l’éducation nationale

 
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Halles

 
Dans les années 60 les Halles de Paris, situées au centre de la capitale, sont complètement saturées. Le marché de vente en gros des produits alimentaires frais déménagera à Rungis et la Villette à la fin de la décennie. La transformation du ventre de Paris en un centre commercial moderne nécessita la destruction des pavillons Baltard, vieux de plus de 120 ans. L’architecte Jean Faugeron propose alors ces bâtiments aux faux airs de Tour Eiffel, culminant à 200m. Ce style de tours était caractéristique de Faugeron qui propose la même année un gratte-ciel de 180 m pour le ministère de l’éducation nationale sur l’emplacement de la prison de la Santé.

 

Tour Lumière Cybernétique

 
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Située à proximité de la Défense, elle devait être ornée de 3 226 projecteurs de couleurs, 2 000 flashs lumineux, 330 miroirs et mesurer près de 350 m de haut. Ce projet d’art ambitieux du sculpteur Nicolas Schöffer devait voir le jour en 1970. Composée d’une ossature d’acier inoxydable, un faisceau laser, reliant le sommet de la Tour au flambeau de la Statue de la Liberté sur l’ile aux cygnes, devait établir un trait d’union symbolique marquant, à un siècle d’écart, l’évolution des formes de création. Le projet sera finalement abandonné suite au décès du Président Pompidou, l’un des seuls à soutenir sa construction.

 

Tour Apogée

 
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Dans les années 60 et 70 un projet de réaménagement du 13ème arrondissement, baptisé opération Italie 13, prévoit la construction d’immeubles de grande hauteur. La Tour Apogée, haute de 220 m, devait couronner l’opération, devenant par la même l’immeuble le plus haut de France, devant la Tour Montparnasse. Le projet prévoyait également de transformer l’avenue d’Italie en une autoroute urbaine qui devait rejoindre la porte d’Aubervilliers en passant par le canal Saint Martin, voué à couverture. Mêlant bureaux et habitations, un permis fut accordé à la Tour Apogée, mais le projet fut annulé suite à l’élection de Valéry Giscard d’Estaing en 1974.

 
 
 

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