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Agriculture biologique et urbanisme : une solution qui nous vient du Québec

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Publié le 6 janvier 2014 | Urbanattitude

Le phénomène prend de l’ampleur dans les villes au quatre coins du monde : New York, Londres, Hanoi, voient le retour en force de l’agriculture urbaine. Cette pratique, en progression depuis le début de la crise économique et motivée par un besoin d’indépendance alimentaire va de pair avec la découverte des pratiques bio et un désir de manger sainement. Et c’est rentable comme le prouve une petite ferme québécoise. Alors une solution pour le futur ?

Touchée de plein fouet par la crise agricole, la France a perdu un quart de ses agriculteurs en 10 ans alors que les ceintures maraîchères autour des grandes agglomérations ont quasiment disparu. La nourriture parcourt aujourd’hui des centaines et parfois des milliers de kilomètres avant d’atteindre l’assiette du citadin. L’épuisement de ressources naturelles telles que les énergies fossiles et l’augmentation de la population urbaine nous poussent à repenser nos villes de façon durable en favorisant l’accès à l’alimentation.

La solution nous vient peut-être du Canada ou un agriculteur Québécois semble avoir trouvé une façon de produire sain sur une petite parcelle de terrain. Jean-Martin Fortier exploite une mini-ferme de cinq hectares à quelques kilomètres de Montréal. Diplômés en environnement, le couple Fortier a parcouru les Amériques afin de trouver le type d’agriculture idéal avant de fonder les Jardins de la Grelinette, en 2002, au Québec.


Des méthodes s’inspirant des maraîchers français du 19ème

Outre les techniques rapportées du Nouveau-Mexique et de Cuba, le couple utilise également des méthodes s’inspirant des maraîchers français du 19ème, méthodes propices aux très petites surfaces. Leurs produits sont plantés sur des bandes de terre surélevées, sans organisation en rang ni espace pour laisser passer un tracteur. Les légumes sont plantés serrés dans une terre régulièrement alimentée de matière organique, laissant aux verres de terre le soin de labourer et combattre les mauvaises herbes.

Et ca marche. Les Jardins de la Grelinette sont des terrains hyper productifs et rentables. Le couple fournit 200 familles par semaine contre 18 Euros le panier et fait un chiffre d’affaires tournant autour de 100’000 Euros par an avec une marge bénéficiaire de 45%. A l’heure ou les paysans européens peinent à joindre les deux bouts, les méthodes de jean-Martin Fortier ouvrent des perspectives tant pour les agriculteurs qui verraient leur qualité de vie augmenter que pour les citadins de plus en plus avides de nourriture saine, abondante et de proximité.


Relocaliser la production, produire le nécessaire

Les grandes métropoles compteront 6 milliards d’habitants d’ici 2050 et une des questions qui préoccupe déjà est l’approvisionnement futur de ces villes et de cette population en alimentation. L’aménagement de jardins, de toits, de squares et de parcs contribuera en petite partie à couvrir les besoins de cette population mais Il faudra certainement beaucoup plus pour y parvenir. Relocaliser la production, produire le nécessaire, changer les habitudes alimentaires semblent être les seuls moyens capables de prévenir les futures crises alimentaires et sociales qui en découleront.

Conscient de l’urgence de la situation, le Ministre français de l’agriculture, Stéphane le Foll, a récemment déclaré lors d’une conférence intitulée « Produisons autrement » vouloir faire émerger une agriculture économiquement et écologiquement performante. Si cette volonté devait se confirmer, l’exemple agro-écologique de Montréal pourrait bientôt faire des émules tant dans nos villes sur de toute petites surfaces que dans leurs périphéries. Quelque soit le ou les modèles choisis par nos gouvernants, le futur de nos villes ne se fera pas sans une révolution verte.

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